“Do women have to be naked to get into the Met ?”. Cette phrase connue d’une des affiches phares du collectif de femmes artistes et activiste Guerilla Girls a été le lancement de ces revendications qui durent depuis 1985, d’abord à New York au Etats-Unis puis dans plusieurs autres pays d’Europe.
Les Guerilla Girls entament leur combat féministe dans le contexte historique et politique particulier des années 1980 aux Etats-Unis. En 1981, l’élection de Ronald Reagan, 40ᵉ président, marque le début d’une ère conservatrice et d’une politique néo-libérale. Sous son administration, les priorités budgétaires se détournent de l’art. Parallèlement le féminisme suscite méfiance et rejet. Dans le milieu artistique, les artistes femmes et/ou racisées voient leur liberté d’exposer leur travail restreins par rapport à leurs homologues masculins. Les Guerilla Girls se démarquent des autres mouvements féministes, qu’ils soient actuels ou historiques, en adoptant des méthodes originales, où l’humour occupe une place centrale dans leur stratégie de protestation. Cette approche soulève une question essentielle : comment ont-elles réussie à transformer leur combat pour l’égalité dans l’art en un mouvement culturel et politique influent ?

Guerrilla Girls at the Victoria and Albert Museum, London
Le collectif des Guerilla Girls prend naissance dans les Etats-Unis des années 1985. L’art se développe, de nouvelles formes apparaissent grâce à une révolution des libertés hérités des années 60 à 70. Le mouvement Hippie a largement contribué à ce nouveau souffle dans l’art. Le monde artistique des années 1980 aux Etats Unis traduit d’une libération des normes sociales et des tabous liés à la sexualité, la politique ou l’identité. L’héritage des années 60 à 70 rythmés par de fortes contestations pour la paix, et les droits civiques, perdurent, dans l’engagement de tous face aux différents sujets d’actualités.
L’activisme social est tout aussi nécessaire que quelques années auparavant, de nouvelles luttes sont dénoncer et les artistes de cette époque produisent dans un but de dénonciation pour se faire entendre. La lutte contre l’épidémie du Sida, ou encore la dénonciation du racisme, l’exclusion sociale et les inégalités auxquelles les communautés noires et latino-américaines étaient confrontées, sont des exemples de sujets actuels de l’époque qui ont menés à différentes révoltes.
Pour se faire, les artistes se sont exprimés avec de nouveaux supports. Le Street Art est reconnu comme art et est exposé dans de grandes galeries américaines notamment avec le artistes Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat.
En revanche si toutes ces révolutions dans l’art permettent de mettre en lumière et de dénoncer ces problématiques politiques et sociales, les inégalités sexistes dans le monde de l’art commencent à faire surfaces et à éveiller les consciences.
C’est lors de l’exposition, réalisé en 1984 au Moma, “Rétrospective internationale de peinture et sculpture récentes”, qui avait pour but de réaliser une sorte d’état des lieux de l’art de cette période ; qu’un groupe de femmes s’est indigné que sur 169 artistes exposés, 13 étaient des femmes, soit moins de 10% et le reste étaient pour une grande majorité des artistes hommes, blancs américains ou européen. Cette observation a suscité chez ce groupe de femme de la colère face à cette forte domination masculine dans le monde de l’art.
L’objectif principale de ce collectif, composé uniquement de femme est de dénoncer le sexisme et le racisme dans le monde de l’art. En dénonçant les galeries et les musées qui, pour une grande majorité, privilégies les artistes homme. Elles revendiquent les discriminations et les corruptions dans le monde artistique.
Les Guerilla Girls n’hésitent pas aussi à nommer certains artistes qui ont eu, ou qui font des remarques réductrices à l’égard de femmes artistes. Leur but est donc de signaler l’aspect limiteur de la représentation de femmes ainsi que les préjugés sexuelle et ethnique à l’égard de celles-ci. Plus largement et plus récemment, les Guerilla Girls ont élargies leur travail de dénonciation des corruptions liées à l’inégalité homme/femme dans d’autres milieux, comme celui de la politique, et dans différentes formes d’art comme le cinéma ou le théâtre.
2ème image
1ère image